Séance 16 du 10/01/18

Par Sylv

Extraits du journal personnel de Jasken

[Sundas 14 Soufflegivre 4E201]

Nous sommes toujours dans les tréfonds de ce Tertre séculaire. Nous avons décidé de passer la nuit au plus profond de celui-ci.

Arriver jusque là fut périlleux. Et nous avons croisé à nouveaux des [multiples ratures]… je ne parviens pas pour l’instant à trouver de mot pour rendre justice à ces créatures effroyables ; qui marchent au delà de la mort et se battent avec une telle ferveur qu’elle font ressurgir les vieux mythes et légendes nordiques qu’il m’a été donné de lire. L’Académie des Bardes de Solitude est une mine d’or pour qui raffole de ces récits. Je croyais alors que ce n’était que celà… des mythes… Mais en voyant - à nouveau - ces corps desséchés se dresser devant nous, leurs yeux luisants (littéralement) d’une malignité ostensible… impossible de ne pas repenser à ces récits racontant comment les héros d’antan, ayant vaincus les disciples du culte des dragons, les auraient enfermés et les auraient maudits, les obligeants à revenir à la vie et rester enfermés pour l'éternité dans leurs cryptes. Il existe d’autres légendes Nordiques narrant comment les Elfes auraient jetés des sorts sur la dépouille de nombreux soldats - même les plus puissants d'entre eux - et que ce sort les empêcherait d'accéder à Sovngard. C’est de là que provient la croyance Nordique qui veut que les Haut-Rois étant tombés au combat face aux Elfes soient enfermés dans une tombe scellée, pour que jamais ils n'en sortent.

Mais fi de ces anciens récits il faut que je couche sur le papier les évènements de cette journée avant que les détails s’enfuient, afin que je puisse plus tard relater les faits de manière appropriée pour qu’ils puissent eux aussi, je l’espère, traverser les âges !

Nous avions donc traverser les méandres qui nous menâmes dans les entrailles de ce temples, devant à plusieurs reprises combattre ces guerriers du passé. Nous avions ouvert l’immense porte de pierre grâce à l’artefact d’or pur en forme de griffe et nous avions finalement défait celui que j'appellerai sobrement “le maître des lieux”, puissant revenant qui semblait doté, comme notre Enfant de dragon, du pouvoir antique de la Voix (Sauf que lui, au lieu de faire pleuvoir, il crachait du feu !!!) Une fois l’ennemi neutralisé Elcor s’est avancé, comme possédé, vers ce mur étrange sur lequel des mots sans suite étaient gravés dans l’antique langue des dragons. Un de ces mot à son approche s’est mis à luire et à pulser, et je ne saurais expliquer ce qu’il s’est produit alors… comme un échange d’énergie entre le mur et le Skaal, ce qui laissa ce dernier inanimé.

Il resta inconscient un long moment mais comme Uhr et Muth étaient à ses côtés je décidais d’examiner ce mur étrange pendant que Cassandra restait aux aguets au cas où d’autres dangers nous menaceraient. Je n’avais pas revu cette écriture depuis mes jeunes années à Chorrol, lorsque j’avais eu la chance d’avoir entre les mains pour les étudier, d’anciens manuscrits sauvés de la destruction du monastère de Talos. Je n’ai pas eu trop de mal à déchiffrer ce que je voyais sur ce mur car ce n’était que des mots sans suite, à la manière d’un livre d’apprentissage que l’on utilise avec les jeunes enfants pour leur apprendre la lecture.

J’ai fait avec du charbon un frottis du mot qui a réagit à l’approche d’Elcor que je joins à mon journal. Il s’agit du mot “Yol” qui signifie “feu”.

Au bout d’un moment, grâce aux bons soins du prêtre, le Skaal s’est réveillé, désorienté, épuisé et sans souvenir des derniers évènements. Écoutant notre récit, il nous a demandé de nous éloigner après un court instant de réflexion et, donnant de la Voix, a crié ce mot. Je dois avouer que je ne m’attendais pas à voir une telle gerbe de flamme jaillir ! Mais Elcor parut encore plus fatigué suite à cela. Il prit un moment pour se reprendre pendant que nous faisions le tour des lieux pour y récupérer ce que l’on pouvait avant de poursuivre.

Malheureusement, le chemin était éboulé et nous fûmes obligés de rebrousser chemin. C’est à ce moment que Muth a semblé à son tour attiré par le mur mais pas de la même manière. Il a demandé à Elcor de le hisser sur ses épaules. Il a alors remarqué qu’au dessus des multiples écritures, trônait une gravure en forme de tête de dragon - identique à celle qu’on observe sur la tablette d’ébonite - et qu’on pouvait y loger vraisemblablement le fameux bâton du sage que nous avait remis Farengar (à ce propos nous avons également trouvé dans un coffre un bâton semblable mais brisé en 3 morceaux). Lorsque Muth plaça l’artefact dans ce logement l’espèce de pupitre placé devant le mur a alors pivoté pour lui faire face. A ce moment j’ai eu l’idée de sortir la tablette et de la placer dessus mais rien ne s’est passé. Nous avons repris le livre pour relire l’énigme et avons décidé d’attendre. Certainement qu’au moment propice les éléments s’aligneraient et quelque chose se produirait.

Nous avons décidé donc de passer la nuit ici en prenant chacun un tour de garde. Elcor nous reveilla pendant le sien car un bourdonnement s’etait mis a monté. Les yeux encore embrumés par le sommeil, je réalisais alors que la lumière des lunes, qui pénétrait dans la salle par le plafond, frappait le cristal enchassé dans le bâton. Celui-ci se mit à rougeoyer. La lumière ainsi renvoyée au sol s’approcha lentement du pupitre jusqu’à frapper directement la tablette et une fumée commença à s’en échapper. Au bout de quelques instants, la lumière se dissipa et le point que nous avions identifié comme le Pic du Sud semblait comme en fusion !

Le processus fut vraiment passionnant à observer mais dans la hâte et la surprise du moment je n’ai pu tout observer avec soin. Je n’ai qu’une hâte c’est que le prochain instant propice arrive pour marquer l’emplacement suivant et pouvoir l’observer dans son intégralité. Je suis actuellement assis près du mur à attendre pendant mon tour de garde qui touche bientôt à sa fin et je pense que cela ne se produira malheureusement pas avant demain. L’idée de rester éveillé m’a traversé l’esprit mais je pense qu’il vaut mieux se reposer et être en forme pour affronter cette nouvelle journée.

[Morndas 15 Soufflegivre 4E201]

Encore une nuit dans ce tombeau. J’espère qu’il s’agit de la dernière, le ciel me manque et l’air pur aussi. J’ai hâte de sentir les rayons du soleil à nouveau sur mon visage et surtout de rejoindre Blancherive où nous pourrons avaler un bon repas chaud près d’une cheminée, confortablement installés ! Mais il est plus sage, dans l’état où nous sommes encore, de prendre une dernière nuit de repos à l’abri des éléments et dans une sécurité relative malgré l’inconfort.

La totalité des points marquants l’emplacement “des 3 fils” sont désormais marqués sur la tablette. Mais l'expérience ne fut pas aussi extraordinaire que ce que j’avais espéré.

D’une part parce que Cassandra ne nous a pas réveillé lorsque le deuxième emplacement fut gravé sur la pierre. Le pragmatisme de cette jeune femme est désespérant ! Elle n’a “pas vu l'intérêt de nous priver d’un peu de repos pour une telle chose”. Si son intention peut paraitre louable, il est triste que d’aussi beaux yeux semblent incapables de percevoir la magie et la beauté du monde qu’ils observent… Je me demande ce qui la rendu si inflexible et oserai-je dire sévère, y compris envers elle même. La discipline qu’elle s’impose et -pire - qu’elle souhaiterait que nous nous imposions est pour moi tout bonnement inconcevable.

La déception du matin passée j’attendais donc avec impatience le moment qui arriva à la mi-journée. Seuls Muth et moi semblions excités à la perspective d’observer à nouveau ce phénomène, aussi nous sommes nous précipités vers la tablette pour observer aussi près que nous osions nous en approcher. Mais soudain le bruit a changé d’intensité et, avant que Cassandra ne puisse réagir, le cristal du bâton a explosé en un millier d’échardes effilées qui nous lacérèrent sans pitié. Nous fûmes tous sérieusement blessés. Uhr a pu soulagé le gros des blessures que nous avons subi en invoquant la bénédiction de Kynareth. Mais nous ne sommes toujours pas en état de voyager pour l’instant.

Nous avons pu malgré tout étudier la tablette et les deux emplacements nouvellement gravés semblent se situer près de Fort Ivar pour le premier et sur la route de Vendaume pour le second. Nous avons discuté et décidé de retourner à Blancherive pour confier la tablette aux Lames ou aux Compagnons. Uhr préférait la détruire car elle renferme une connaissance dangeureuse mais Cassandra a soulevé qu’elle n’avait peut être pas révélé tous ses secrets. La garder avec nous est dangereux, nous ne savons pas ce que la suite de notre périple nous réserve et nous sommes tous d’accord sur le fait qu’elle pourrait tomber en de mauvaises mains s’ils nous arrivait malheur. Après avoir fait escale à Blancherive, nous prévoyons de poursuivre le chemin qui contourne la Gorge du Monde jusqu'à Fort Ivar. Là, nous pourrons inspecter les environs à la recherche du lieu qui est indiqué sur la tablette et nous serons également au pied de la route qui nous conduira chez les Grises Barbes.

Ce soir alors que nous nous restaurions de maigres rations autour du feu, Elcor nous a demandé de lui en apprendre un peu plus sur Bordeciel et son histoire. J’ai entrepris de lui faire un récit simplifié et largement résumé qui m’aurait vallu quelques bons coup de badine de mon précepteur s’il m’avait entendu. Mais comment expliquer des millénaires d’histoire à une personne qui a vécu dans un lieux si retiré du reste du monde qu’il n’en connait presque rien ? Nous avons parlé des Guerres Draconiques de jadis, du Traité de l’Or Blanc et de la guerre à laquelle il a mis un terme. Je pense que c’est une très bonne chose qu’Elcor s'intéresse à ces choses. Ca l’aidera à comprendre le monde dans lequel il évolue désormais et lui évitera sans doute de commettre des impairs avec ses manières un peu trop rustiques, même pour des Nordiques.

Nous partirons demain matin pour Blancherive. En attendant il est temps que je réveille Muth et que je profite des quelques heures de sommeil qu’il me reste.

[Middas 17 Soufflegivre 4E201]

Bien que mon encre ait enfin dégelée je n’ai pas le courage d’écrire grand chose ce soir. Nous sommes enfin arrivés dans les faubourgs de Blancherive et nous avons dû essuyer sur la route les affres d’une importante tempête de neige. Dans mes souvenirs, l’hiver n’arrivait pas si brusquement dans la plaine. Les portes de la ville restant closes sous les ordres du Jarl, nous avons trouvé refuge à la Tête de Bélier.

Je n’aurai jamais songé apprécier autant la piquette que sert Maléna mais gelé jusqu’a la moëlle j’ai même apprécié l’espèce de brouet discutable qu’elle nous a servi.

Uhr et Elcor sont allé voir les khajits du campement d’à côté pour revendre les armes que l’on a ramené du Tertre, je suis content que Cassandra n’était pas là quand ils sont rentrés. Je suis sûre qu’elle se serait débarrassée des fioles de skooma qu’ils ont échangé contre la marchandise. J’en ai pris une sur les trois. Je suis certain que j’en aurais besoin pour affronter le froid jusqu'à Fort Ivar. Et je suis sûr que cette fois je saurai gérer ma consommation.

Je n’ai pas le courage de continuer. La perspective de dormir sur les dalles chaudes près de l’âtre de la grande salle est aussi attirante qu’une fille du Passiflore (à propos, je n’ai pas eu le coeur de dire a Cassandra et Uhr que l’unique chambre du lieu qu’ils partagent était encore plus douteuse que le sol sur lequel je vais passer la nuit).

[Turdas 18 Soufflegivre 4E201]

Une bonne nuit de sommeil au chaud, il n’y a rien de mieux pour se revigorer. Je suis heureux d’avoir pu profiter d’un peu de répit avant de reprendre la route. Ce matin nous avons discuter et fini par payer Malena pour qu’elle envoie un message laconique à Farengar qui lui indiquerait que nous avons mené notre mission à bien au Tertre des Chutes Tourmentées et un autre aux Compagnons pour qu’ils nous envoie quelqu’un. En attendant, nous avons acheter des montures et des vivres pour tenir jusqu'à Fort Ivar.

Deux compagnons nous ont rejoints, Ria et Torvar. Nous avons passé un moment plaisant à boire et à bavarder avec eux. Nous leur avons remis la tablette et ils nous ont dit que leurs camarades étaient en route pour libérer Ilgram. Ils ne perdent pas de temps, j’espère que tout se déroulera pour le mieux…

Nous avons ensuite discuté d’une nouvelle étrange dont Maléna nous a fait part hier pour excuser son manque d’approvisionnement (comme si d’habitude elle fournissait un service irréprochable) : une troupe importante de soldats impériaux (entre 500 et 1000 hommes) menée par un jeune Légat a traversé la châtellerie de Blancherive en direction de Vendaume. Malgré nombre hypothèses émises par chacun, aucune ne me parait justifier pourquoi le Général Tulius détacherait un nombre aussi important d’hommes en plein hiver pour partir en campagne. La logistique pour maintenir une telle troupe en mouvement en cette saison est compliquée, les hommes seront fatigués et affamés en un rien de temps et ne seront bon à rien sur un champ de bataille. Assiéger Vendaume dans ces conditions, alors que leurs greniers sont pleins pour l’hiver, parait impensable. Certains pensent qu’il s’agit d’une diversion, mais alors dans le but de détourner l’attention de qui ? De quoi ? Il a également été suggéré pendant la discussion que mettre un jeune officier inexpérimenté à la tête de l’opération était peut être une excuse pour lui faire porter le chapeau de son échec. Tullius serait-il prêt à sacrifier un aussi grand nombre de soldat à l’aube d’une guerre civile pour se débarrasser d’un seul ? Ou pour faire croire aux Thalmor qu’ils tentent de matter la rébellion d’Ulfric sans vraiment vouloir y parvenir ? Le domaine Aldméri pourrait-il tomber dans un piège aussi grossier ? J’en doute…
Et mon esprit vagabond m’a sournoisement fait repensé à Caïus. Où est-il basé aujourd’hui ? Le feu de sa colère est-il retombé. Pourrons nous un jour lointain nous reparler comme deux frères ?