Séance 4 du 29/06/17

Ce qui suit est un des fragments de parchemin recélant les ébauches d'une autobiographie.

Chroniques de Muth'Sera le Magnifique

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La cabane de cette soi-disant Chamane se faisant appeler Fréa recelait un passage plongé dans l'obscurité. En le suivant nous nous enfoncions dans les entrailles de la terre… Alors que le froid mordant occultait les peurs pour laisser place au plus animal de nos instincts, la survie, nous progressâmes doucement à la lumière de l'art magique de Jasken le Barde.

Nous quittions la scène la plus horrifique qu'il soit pour nous plonger dans le noir complet, alors que les rugissements retentissants d'une bête inconnue ainsi que d'anciennes incantations résonnaient dans la galerie dans laquelle nous avions trouvé refuge.

Seule ma présence réconfortante permit à ce petit groupe improvisé de garder son sang froid, j'avais une idée assez floue de ce qu'il se tramait à ce moment là, mais je sentais déjà les légendes prendre vie en ce tournant de l'histoire de Bordeciel.

Nous rencontrâmes une vaste caverne, contenant des objets incongrus.
La chamane, de son véritable nom Lyvren, cachait bien des secrets, et à ce moment précis je réalisais qu'elle était un reliquat de l'ordre renégat des Lames. Jasken, que je présume avoir une once de sang Aldmeri, a confirmé mon hypothèse.
Dans un coffre se trouvait la lame longue de plus d'un mètre cinquante, ouvragée d'un acier magnifique et d'un pommeau en ivoire de Mammouth. Une telle lame ne sied t-elle pas à une Lame, les brutes sournoises aux ordres de l'Empereur ?



Cependant, dans cette caverne, la lame n'était qu'anecdotique. Un rocher monumental fait de Stahlrim, siégeait le long d'une paroi de glace.
Le rocher pulsait au même titre que la lame du Skaal, pour une raison qui m'était inconnue alors. Quel mystérieux minéral, les adeptes de l'académie tueraient pour un échantillon.



Les rugissements de la bête s'étaient tus, faisant place au déferlement de la tempête de neige faisant rage. L'issue était proche mais nous étions irrémédiablement bloqués.
Nous dormions, tant bien que mal, dans les effluves animales des barbares, guerriers et autres humains.

Au matin, mes yeux contemplèrent la vallée, ses crevasses enneigées, et ses montagnes escarpées. Le chemin était long et rude, et nous étions toujours en fuite, regardant derrière nous si la bête nous suivait encore.
La matinée soufra cruellement de l'absence des dialogues énigmatiques de J'Zarro et de la grâce de Fjorinda, dont les dépouilles ne seront sans doute jamais retrouvées, ou qui pire encore, pourraient devenir les jouets du nécromant.

Le chemin était rude, le vent glacial cinglait à nos visages et seule la force de caractère nous permettait de progresser. Apparemment cette volonté manqua à Elcor le barbare qui, lorsqu'il glissa dans une crevasse, se blessa cruellement la jambe.

Cependant, sa souffrance permit de dévoiler un ancien cadavre gelé, portant des objets mystérieux. Une tablette d'ébène, et un livre dont j'ai reproduit le contenu pour le transmettre à Urag de l'Arcanaeum de Fortdhiver.



La compréhension du phénomène dont nous avons été témoin était d'autant plus claire. Gauldur et ses fils sont bien réels, bien que supposés mort de tels pouvoirs transcendent la mort et se sont réveillés pour notre plus grand malheur.

Nous n'étions toujours pas arrivé à Rivebois. Le barbare, pas si familier de ces montagnes il faut le croire, nous mena tout droit vers un refuge bourré de bandits. Ils souffrirent grandement de leur impunité lorsque notre groupe déchaina sa colère sur eux.
La bataille fut brève, et la douleur de nos opposants fut déchirante. La bataille se finit sur des supplications et le bruit caractéristique de la lame du barbare tranchant une tête.



Dans un autre contexte j'aurais abhorré toute cette violence mais j'étais encore jeune et la colère qui naquit lors de la perte de mes deux compagnons pris le pas. J'ai contribué à cette boucherie.
Profitant de cet abris durement conquis, nous dormirent du sommeil du juste, et au matin…
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